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Archives de Tag: inde

#48 Noces indiennes

TITRE: Noces indiennes

AUTEURE: Sharon Maas

Trois époques, trois continents, trois histoires d’amour. Voilà comment on peut résumer ce livre en une phrase! La beauté de l’histoire est que ces trois amours sont reliés et tout au long du livre on apprendra comment. On y suit l’histoire des jeunes Saroj et Trixie vivant en Guyane Britannique. Les deux jeunes filles devront faire face à plusieurs épreuves. Saroj vient d’une famille indienne exilée dans le pays d’Amérique du sud. Malgré l’éloignement, ses parents professent encore les valeurs et coutumes ancestrales de l’Inde. Elle se sent étouffée, emprisonnée. Heureusement, son amie Trixie, originaire d’une famille africaine, l’aidera à surmonter le tout.

En parallèle, on suit l’histoire de David et Savitri, deux jeunes enfants vivant à Madras, en Inde. David est Anglais, Savitri Indienne. La famille de Savitri est en charge des cuisines de la maison de David. Les deux jeunes jouent ensemble depuis leur plus jeune âge, mais leur relation va plus loin que l’amitié; c’est le grand amour. Ils devront se battre pour défendre leur relation, car dans une Inde en bouleversement (juste avant l’indépendance), il est très mal vu pour les Indiens d’avoir une relation avec les Anglais et vice-versa.

Nous suivons aussi l’histoire du jeune Nat et de son père, médecin anglais vivant dans un petit village indien. Nat a été adopté alors qu’il était tout petit. Il suit les traces de son père pour devenir médecin. Bientôt, il partira étudier en Angleterre où il commencera une nouvelle vie et découvrira plusieurs secrets entourant l’histoire de sa famille.

Je ne vous en dis pas plus, car il ne faut pas dévoiler l’intrigue! En somme, un excellent livre, un magnifique portrait de l’Inde contemporaine et de ses coutumes. Des histoires d’amour bouleversantes et une intrigue bien montée. Premier roman de Sharon Maas, on peut dire que c’est une réussite.

Pour ceux qui l’ont lu, vous verrez beaucoup de liens avec L’équilibre du monde de Rohinton Mistry. Qui s’inspire de qui?

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#44 La solitude lumineuse

TITRE: La solitude lumineuse

AUTEUR: Pablo Neruda

Vers la fin des années 1920, le poète chilien Pablo Neruda est nommé consul à Colombo, Sri Lanka. Son poste l’amènera également à Singapour, Batavia et Ceylan. Ce livre est un mélange de récit de voyage et d’un hommage à la solitude. Le célèbre écrivain y parle des difficultés d’adaptation qu’il a ressenti lors de son arrivée dans ces sociétés asiatiques. Ne se sentant pas à l’aise avec les colons anglais et hollandais, il préfère la compagnie des locaux.

« Ces Européens pleins de préjugés n’étaient pas très intéressants à mon goût et puis je n’étais pas venu en Orient pour vivre avec des colonisateurs de passage mais avec les héritiers de ce monde ancien, avec cette grande et infortunée famille humaine. J’entrai si avant dans l’âme et dans la vie de cette dernière que je m’épris d’une native.
Elle s’habillait comme une Anglaise et se faisait appeler Josie Bliss. Mais dans l’intimité de sa maison, que je ne tardai pas à partager, elle abandonnait cet accoutrement et ce nom pour retrouver son éblouissant sarong et son mystérieux nom birman. »

Il adopte également une mangouste, Kiria, qui lui tiendra compagnie pendant plusieurs années. Ce roman est rempli de couleurs et d’odeurs dont l’auteur a fait la découverte. Il y décrit des cérémonies religieuses, les rues animées et même une chasse à l’éléphant. La prose de Neruda est toujours imagée, telle une belle chanson qui nous amène dans un autre monde. Un tout petit livre à lire absolument et bien sûr, toutes les autres oeuvres de Neruda.

« La solitude, dans ce cas, ne se réduisait pas à un thème d’invocation littéraire, elle était une chose dure comme le mur du prisonnier, contre lequel on peut s’ouvrir la tête sans que personne accoure, même si on crie, même si on pleure. »

#37 L’équilibre du monde

TITRE: L’équilibre du monde

AUTEUR: Rohinton Mistry

Ce roman prend place en Inde, plus exactement à Bombay, dans les années 1970 et 1980. Alors que le pays est secoué par d’importants changements politiques et sociaux, l’auteur nous amène à découvrir le monde de plusieurs personnages vivant dans le même quartier de la ville. Om et Ishvar les tailleurs, Dina la veuve et Maneck l’étudiant sont les points centraux de l’histoire, mais autour d’eux évoluent bien d’autres gens. Issus de milieux sociaux très différents, le destin les amène à partager un appartement. Parmi toutes les péripéties que connaîtront les personnages, plusieurs sont dramatiques. On y comprend la pauvreté et l’injustice qui faisait rage en Inde à cette époque.

Ce livre m’a plongé dans un monde que je connaissais trop peu. On parle ici d’une véritable fresque sociale où l’Inde contemporaine nous est démontrée à travers les différentes couches de la société. On ne peut passer inaperçu le talent de l’auteur pour décrire la nature humaine avec des mots foisonnants d’originalité et une plume entremêlant les expressions indiennes et anglaises. Un grand classique à ajouter sans plus tarder à votre liste de cadeaux de Noël!

« Les discours débordaient de promesses de tous ordres et de toutes dimensions : écoles neuves, eau potable, assistante médicale ; terres pour les paysans qui n’en avaient pas, au moyen de la redistribution et de l’application plus stricte de la loi sur le plafonnement de la terre ; promesses d’une législation puissante pour punir toute discrimination et tout harcèlement des basses castes par les hautes castes ; promesses d’abolir le travail à la chaîne, le travail des enfants, le sati, le système des dots, le mariage des enfants.

« Il doit y avoir des tas de lois en double dans notre pays, dit Dukhi. À chaque élection, ils parlent de voter les mêmes que celles qu’ils ont votées vingt ans auparavant. Quelqu’un devrait leur rappeler qu’ils doivent les faire appliquer. »

« Le temps est le fil qui ligote nos vies en paquets d’années et de mois. Ou un élastique qui s’étire selon le bon vouloir de notre imagination. Le temps peut être le joli ruban qui orne les cheveux d’une petite fille. Ou les rides sur un visage, ou celui qui vole le teint et les cheveux de votre jeunesse. » Il soupira et sourit tristement. « Mais pour finir, le temps est un noeud coulant passé autour du cou, qui vous étrangle lentement. »

#22 De la part de la princesse morte

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TITRE: De la part de la princesse morte

AUTEURE: Kenizé Mourad

Ce pourrait être le début d’un conte ; c’est une histoire authentique qui commence en 1918 à la cour du dernier sultan de l’Empire ottoman. L’histoire débute à Istamboul où on rencontre la petite Selma, princesse ottomane. Dans la première partie, on en apprend plus sur le mode de vie de la famille de Selma qui vit dans la richesse et la prospérité. Leur vie sera bientôt bouleversée, car avec la fin de la Première Guerre mondiale, la Turquie qui était alliée avec l’Allemagne subit une invasion de la part de la France, l’Angleterre et la Grèce. Le climat devient alors très tendu et une révolte se prépare. Le pouvoir est repris par un jeune général qui décidera alors d’abolir le sultanat.

Selma et sa famille déménage alors au Liban. L’enfant vivra en exil avec sa mère Hatidjé Sultane, Zeynel leur fidèle eunuque et quelques domestiques. Elle grandit et devient une jeune femme dans la société mondaine de Beyrouth. Sa mère décide alors de la marier avec un jeure rajah indien. Elle partira donc vivre en Inde à Lucknow. On comprend qu’elle vit alors un énorme choc culturel, car bien qu’elle vive avec une famille musulmane, les us et coutumes de son nouveau pays son très différent du sien et elle a du mal à s’y habituer. L’Inde est alors aux prises avec d’importants problèmes entre musulmans, hindous et Anglais. Selma qui vient de tomber enceinte se voit donc forcée de se rendre en France, car l’Inde n’est plus sécuritaire.

À Paris, elle retrouvera sa liberté et fera la rencontre de tous les gens les plus importants de la ville. Elle accouchera d’une petite fille en plein Deuxième Guerre Mondiale.

L’auteure, Kenizé Mourad, est cette petite fille. Aujourd’hui journaliste et écrivaine connue, Mourad a cherché à reconstituer la vie de sa mère qui est certainement si extraordinaire qu’on la croirait inventée. Mais tout est vrai, les faits sont facilement vérifiables. Bien entendu, l’auteure a imaginé les conversations et certains détails.

Ce livre est fascinant, on se laisser absorber par l’histoire incroyable de la princesse Selma et on se prend à rêver d’Orient.

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