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Archives de Tag: guerre

#51 The Beauty of Humanity Movement

TITRE: The Beauty of Humanity Movement

AUTEURE: Camilla Gibb

Ce livre raconte l’histoire d’un vieil homme surnommé Old Man Hung. Celui-ci tient une échoppe ambulante de pho, sorte de soupe typiquement vietnamienne. Son histoire est entremêlée avec celle de Tu, un jeune guide touristique de la ville de Hanoi, ainsi que celle de Maggie Ly, une jeune femme d’origine vietnamienne qui a grandie aux États-Unis.

Maggie revient au pays après la mort de sa mère pour en apprendre plus sur ces racines. Elle recherche désespérément de l’information à propos de son père, un artiste qui a connu la répression politique du gouvernement vietnamien envers les artistes. C’est ainsi qu’elle fera la connaissance de Hung et de Tu qui l’aideront à suivre les traces de son père. Elle apprend que celui-ci faisait partie d’un mouvement nommé The Beauty of Humanity Movement dans lequel des artistes nationaux publiaient des oeuvres pour donner leurs véritables opinions sur la situation au Vietnam malgré la censure.

L’auteure Camilla Gibb a su marier son style poétique avec l’histoire d’un pays marqué par les guerres et la pauvreté. Le récit à propos des trois personnages principaux semble être un prétexte pour aborder un sujet difficile; la répression des artistes, des homosexuels, des dissidents politiques, en fait de tous les gens différents ou en désaccord avec les politiques du gouvernement.

Un livre très intéressant qui apporte un lumière différente sur l’histoire du Vietnam. Dans un passage que j’ai beaucoup aimé, Tu explique à Maggie récemment arrivé au Vietnam que la fameuse guerre contre les Américains a en fait plus d’importance pour les États-Unis que pour eux. Ils ont été plus marqués par la répression politique que par cette guerre. Il est difficile de dire où s’arrête la réalité et où commence la fiction, mais le récit amène néanmoins un point de vue intéressant.

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#45 L’orangeraie

TITRE: L’orangeraie

AUTEUR: Larry Tremblay

Comme si le souffle d’un puissante bombe m’avait envoyée dans un autre monde. Voilà comment on se sent à la lecture de ce livre. L’auteur québécois Larry Tremblay présente un livre tristement magnifique.

« Quand Amed pleure, Aziz pleure aussi. Quand Aziz rit, Amed rit aussi. Ces frères jumeaux auraient pu vivre paisiblement à l’ombre des orangers. Mais un obus traverse le ciel, tuant leurs grands-parents. La guerre s’empare de leur enfance et sépare leurs destins. »

On y raconte l’histoire de deux enfants âgés de 9 ans, les jumeaux Amed et Aziz. Bien que le pays où l’histoire se déroule ne soit jamais mentionné, on pense rapidement à un pays du Proche-Orient/Moyen-Orient; les paysages décrits, la situation politique, le nom des personnages, etc. nous permettent de deviner aisément. Lorsqu’une bombe tombe sur la maison de leur grands-parents, voisines à la leur, les jumeaux se verront embarqués dans une histoire de vengeance orquestrée par Soulayed, chef de bande de la région. Le but: procéder à un attentat suicide dans la base ennemie voisine. Le père devra alors choisir entre ses deux fils pour « l’honneur » consenti à sa famille. Mais qui choisira-t-il: le fils malade ou le fils en santé?

Le père a fait son choix, mais la mère n’est pas d’accord et mettra en place un stratagème avec ses fils pour empêcher le drame. Bien sûr, je ne vous révélerai pas les détails!

«Les hommes dans notre pays vieillissent plus vite que leur femme. Ils se dessèchent comme des feuilles de tabac. C’est la haine qui tient leurs os en place. Sans la haine, ils s’écrouleraient dans la poussière pour ne plus se relever. Le vent les ferait disparaître dans une bourrasque. Il n’y aurait plus que le gémissement de leur femme dans la nuit. »

Un livre brûlant, terrible par son histoire, magnifique par l’écriture de l’auteur. Comment peut-on rendre poétique la participation des enfants à la guerre?

Récipiendaire du Prix des libraires du Québec en 2014, ce roman est un grand chef-d’oeuvre que vous devez absolument ajouter à votre liste de cadeaux de Noël!

#38 La voleuse de livres

TITRE: La voleuse de livres

AUTEUR: Markus Zusak

J’ai entendu parler pour la première fois de ce livre lors de la sortie de son adaptation cinématographique en 2013. J’ai donc décidé de lire le livre avant de voir le film (ce qui est généralement une bonne idée, les films sont souvent trop modifiés par rapport à l’histoire originale).

Ce roman raconte l’histoire d’une jeune Allemande, Liesel Meninger, qui arrive dans sa nouvelle famille d’accueil. La ville de Molchning, près de Munich, est alors le théâtre des aventures de la fillette. Elle apprendra à lire grâce à son généreux père adoptif et découvrira rapidement le pouvoir des mots. Dans l’Allemagne nazie de la Seconde Guerre Mondiale, Liesel grandit en faisant face à des épreuves difficiles: la mort de son petit frère, l’arrivée dans une nouvelle famille, l’entrée à l’école et bien entendu l’arrivée au pouvoir de Hitler. La fillette vole son premier livre lors de l’enterrement de son jeune frère et c’est avec celui-ci qu’elle apprendra à lire.  Par la suite, elle volera plusieurs autres livres dans des circonstances différentes, mais ils auront toujours une signification spéciale pour elle. Bientôt, un jeune juif, fils d’un ami de la famille, se réfugiera chez elle et elle deviendra vite une grande amie pour lui; l’aidant à passer au travers des éprouvantes journées passées à se cacher pour survivre.

L’originalité du récit repose sur deux faits principaux: le narrateur est La Mort (oui, oui, l’image que vous avez du spectre noir et lugubre est bien le narrateur!) et on aborde le sujet de la Seconde Guerre Mondiale de façon bien différente. Premièrement, on voit la montée du nazisme et la guerre du point de vue d’une famille allemande. Ensuite, on en raconte les détails via l’histoire d’une toute jeune fille. On sort donc ici des éternels clichés des méchants Allemands et des pauvres juifs. On comprend plutôt la réalité des citoyens de l’Allemagne à l’époque (juifs ou non) dans un pays bouleversé par une importante crise économique et au prise avec un climat de violence sans précédent. Lorsque qu’on lit l’histoire des familles entassées dans les sous-sols de Molchning parce qu’il y a une attaque à la bombe, on réalise que la guerre était éprouvante aussi pour les citoyens allemands.

Un joli roman à lire, préférablement en anglais, pour mieux saisir la qualité de l’écriture de l’auteur. Le film? Honnêtement, un pâle résumé de la grandiose histoire de Liesel Meninger.

#22 De la part de la princesse morte

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TITRE: De la part de la princesse morte

AUTEURE: Kenizé Mourad

Ce pourrait être le début d’un conte ; c’est une histoire authentique qui commence en 1918 à la cour du dernier sultan de l’Empire ottoman. L’histoire débute à Istamboul où on rencontre la petite Selma, princesse ottomane. Dans la première partie, on en apprend plus sur le mode de vie de la famille de Selma qui vit dans la richesse et la prospérité. Leur vie sera bientôt bouleversée, car avec la fin de la Première Guerre mondiale, la Turquie qui était alliée avec l’Allemagne subit une invasion de la part de la France, l’Angleterre et la Grèce. Le climat devient alors très tendu et une révolte se prépare. Le pouvoir est repris par un jeune général qui décidera alors d’abolir le sultanat.

Selma et sa famille déménage alors au Liban. L’enfant vivra en exil avec sa mère Hatidjé Sultane, Zeynel leur fidèle eunuque et quelques domestiques. Elle grandit et devient une jeune femme dans la société mondaine de Beyrouth. Sa mère décide alors de la marier avec un jeure rajah indien. Elle partira donc vivre en Inde à Lucknow. On comprend qu’elle vit alors un énorme choc culturel, car bien qu’elle vive avec une famille musulmane, les us et coutumes de son nouveau pays son très différent du sien et elle a du mal à s’y habituer. L’Inde est alors aux prises avec d’importants problèmes entre musulmans, hindous et Anglais. Selma qui vient de tomber enceinte se voit donc forcée de se rendre en France, car l’Inde n’est plus sécuritaire.

À Paris, elle retrouvera sa liberté et fera la rencontre de tous les gens les plus importants de la ville. Elle accouchera d’une petite fille en plein Deuxième Guerre Mondiale.

L’auteure, Kenizé Mourad, est cette petite fille. Aujourd’hui journaliste et écrivaine connue, Mourad a cherché à reconstituer la vie de sa mère qui est certainement si extraordinaire qu’on la croirait inventée. Mais tout est vrai, les faits sont facilement vérifiables. Bien entendu, l’auteure a imaginé les conversations et certains détails.

Ce livre est fascinant, on se laisser absorber par l’histoire incroyable de la princesse Selma et on se prend à rêver d’Orient.

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