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#46 Le cri des oiseaux fous

TITRE: Le cri des oiseaux fous

AUTEUR: Dany Laferrière

Le cri des oiseaux fous raconte les dernières heures de Dany Laferrière à Port-au-Prince. Après l’assassinat sauvage d’un de ses amis et collègues journalistes, Laferrière, ici surnommé Vieux-Os, voit un grave danger planer sur sa propre vie et doit quitter le pays au plus vite. Avec un passeport trafiqué en main, il devra prendre l’avion dès le lendemain matin.

« Papa Doc a chassé mon père du pays. Baby Doc me chasse à son tour. Père et fils, présidents. Père et fils, exilés. Et ma mère qui ne bouge pas. Toujours ce sourire infiniment triste au coin des lèvres. Je me retourne une dernière fois, mais elle n’est plus là. Que fait-elle ? À quoi pense-t-elle en ce moment ? Je donnerais tout pour le savoir. »

Il profite donc de sa dernière nuit dans la capitale haïtienne pour revoir ses amis les plus chers et profiter de l’ambiance de sa ville chérie. S’ensuit une véritable saga dans les rues de la ville. On plonge dans un monde politique, violent, sexuel parfois. Mais Vieux-Os est toujours un être profondément poétique qui aime les mots par dessus-tout.

« Ce que j’aime, c’est écrire. Rendre une ambiance avec des mots. Faire vivre une situation avec des phrases. Je suis fou des mots. J’ai un cahier plein de mots rutilants (mais les plus beaux sont les plus simples). Leur sens se trouve caché dans leur musique. Des mots comme lune, mer, ciel, jaune ou cœur. J’aime le mot étincelle, qui me fait penser à une pluie d’étoiles. Et tout de suite mon enfance m’éclate à la tête. Je ne sais pas pourquoi, je pense constamment à mon enfance. »

Un roman magnifiquement tragique. Laferrière est ici maître absolu des mots et de l’histoire. Au travers des 340 pages du livre, il réussit à raconter les quelques heures de sa dernière nuit dans son pays. Un récit racontant l’exil forcé d’un Haïtien amoureux de son pays.

Dany Laferrière vit aujourd’hui à Montréal et est reconnu à travers le monde en tant qu’auteur.

#45 L’orangeraie

TITRE: L’orangeraie

AUTEUR: Larry Tremblay

Comme si le souffle d’un puissante bombe m’avait envoyée dans un autre monde. Voilà comment on se sent à la lecture de ce livre. L’auteur québécois Larry Tremblay présente un livre tristement magnifique.

« Quand Amed pleure, Aziz pleure aussi. Quand Aziz rit, Amed rit aussi. Ces frères jumeaux auraient pu vivre paisiblement à l’ombre des orangers. Mais un obus traverse le ciel, tuant leurs grands-parents. La guerre s’empare de leur enfance et sépare leurs destins. »

On y raconte l’histoire de deux enfants âgés de 9 ans, les jumeaux Amed et Aziz. Bien que le pays où l’histoire se déroule ne soit jamais mentionné, on pense rapidement à un pays du Proche-Orient/Moyen-Orient; les paysages décrits, la situation politique, le nom des personnages, etc. nous permettent de deviner aisément. Lorsqu’une bombe tombe sur la maison de leur grands-parents, voisines à la leur, les jumeaux se verront embarqués dans une histoire de vengeance orquestrée par Soulayed, chef de bande de la région. Le but: procéder à un attentat suicide dans la base ennemie voisine. Le père devra alors choisir entre ses deux fils pour « l’honneur » consenti à sa famille. Mais qui choisira-t-il: le fils malade ou le fils en santé?

Le père a fait son choix, mais la mère n’est pas d’accord et mettra en place un stratagème avec ses fils pour empêcher le drame. Bien sûr, je ne vous révélerai pas les détails!

«Les hommes dans notre pays vieillissent plus vite que leur femme. Ils se dessèchent comme des feuilles de tabac. C’est la haine qui tient leurs os en place. Sans la haine, ils s’écrouleraient dans la poussière pour ne plus se relever. Le vent les ferait disparaître dans une bourrasque. Il n’y aurait plus que le gémissement de leur femme dans la nuit. »

Un livre brûlant, terrible par son histoire, magnifique par l’écriture de l’auteur. Comment peut-on rendre poétique la participation des enfants à la guerre?

Récipiendaire du Prix des libraires du Québec en 2014, ce roman est un grand chef-d’oeuvre que vous devez absolument ajouter à votre liste de cadeaux de Noël!

Frissons garantis

L’Halloween vient de se terminer et déjà novembre et son temps gris est arrivé à nos portes. L’ambiance se prête à un livre bien spécial que j’ai lu il y a déjà plusieurs années. Pourquoi vous en parler maintenant? C’est un roman vraiment marquant.

City of Masks est le premier tome des aventures de Cree Black, une parapsychologue, spécialisée dans les fantômes. La famille Beauforte de New Orleans fait appel à elle, car leur maison familiale semble être avoir des gros problèmes de fantômes. Cree s’y rend en s’attendant à un contrat de routine. Mais New Orleans lui réserve bien des surprises. La maison âgée de 150 ans abrite effectivement un fantôme. Oubliez ici le gentil fantômes style Casper. On a affaire à un esprit extrêmement violent et dangereux. Il se présente sous la forme d’un homme avec un masque de porc et répète sans cesse une bouleversante scène de viol. Cree devra combattre avec toutes les forces dont elle dispose.

Un livre tellement prenant qu’on oublie le temps qui passe. Attention! C’est très très effrayant et même bouleversant. Même après plusieurs années après la première lecture, j’ai encore la chair de poule en y pensant. Pensez à acheter une veilleuse et ne lisez jamais ce livre en étant seul à la maison!

« 13 à table ! »…. Restos du Coeur.

Treize nouvelles sur le thème du repas écrites à la demande de l’association Les Restaurants du Coeur par des écrivains français tels que Bernard Werber, Pierre Lemaître, Eric-Emmanuel Schmitt ou Marc Lévy . En vente au Québec dans toute les grande librairies!

#44 La solitude lumineuse

TITRE: La solitude lumineuse

AUTEUR: Pablo Neruda

Vers la fin des années 1920, le poète chilien Pablo Neruda est nommé consul à Colombo, Sri Lanka. Son poste l’amènera également à Singapour, Batavia et Ceylan. Ce livre est un mélange de récit de voyage et d’un hommage à la solitude. Le célèbre écrivain y parle des difficultés d’adaptation qu’il a ressenti lors de son arrivée dans ces sociétés asiatiques. Ne se sentant pas à l’aise avec les colons anglais et hollandais, il préfère la compagnie des locaux.

« Ces Européens pleins de préjugés n’étaient pas très intéressants à mon goût et puis je n’étais pas venu en Orient pour vivre avec des colonisateurs de passage mais avec les héritiers de ce monde ancien, avec cette grande et infortunée famille humaine. J’entrai si avant dans l’âme et dans la vie de cette dernière que je m’épris d’une native.
Elle s’habillait comme une Anglaise et se faisait appeler Josie Bliss. Mais dans l’intimité de sa maison, que je ne tardai pas à partager, elle abandonnait cet accoutrement et ce nom pour retrouver son éblouissant sarong et son mystérieux nom birman. »

Il adopte également une mangouste, Kiria, qui lui tiendra compagnie pendant plusieurs années. Ce roman est rempli de couleurs et d’odeurs dont l’auteur a fait la découverte. Il y décrit des cérémonies religieuses, les rues animées et même une chasse à l’éléphant. La prose de Neruda est toujours imagée, telle une belle chanson qui nous amène dans un autre monde. Un tout petit livre à lire absolument et bien sûr, toutes les autres oeuvres de Neruda.

« La solitude, dans ce cas, ne se réduisait pas à un thème d’invocation littéraire, elle était une chose dure comme le mur du prisonnier, contre lequel on peut s’ouvrir la tête sans que personne accoure, même si on crie, même si on pleure. »

#43 Since You’ve Been Gone

TITRE: Since You’ve Been Gone

AUTEURE: Morgan Matson

Pour une bonne pause de cerveau, rien de ne vaut un livre pour adolescente. Celui-ci remplit son contrat à merveille! On y raconte l’histoire d’Emily, une jeune fille dont la meilleure amie Sloane disparait sans prévenir. Elle se retrouve donc avec tout un été devant elle et pas d’amis. Heureusement, Sloane lui a laissé une liste. Qu’y a-t-il sur la liste? Des défis qu’Emily doit affronter tels que: danser jusqu’au lever du soleil, embrasser un étranger, voler quelque chose, nager toute nue, etc. Les défis la conduiront à faire la rencontre d’autres jeunes qui deviendront ses amis. Les défis sont donc un prétexte qu’a inventé Sloane pour éviter que son amie Emily s’ennuie et s’apitoie sur son sort. Bien entendu, l’accomplissement de chaque défi est précédé de situations pleines d’humour. La jeune Emily trouvera également l’amour (on n’oublie pas que c’est un livre pour ado!).

Un joli roman qui mêle amitié et amour. Derrière tout cela, on retient une leçon: une amitié se termine, une autre recommence, mais il est toujours important de rester soi-même.

#42 Les héritiers de Stonehenge

TITRE: Les héritiers de Stonehenge

AUTEUR: Sam Christer

Le sous-titre accrocheur « un mystère de 5000 ans enfin révélé » a suffi à ma convaincre à lire ce livre. Cela semblait être une promesse pour un bon thriller historique comme je les aime. Ce roman est certes accrocheur, mais attendez-vous plus à une pause de cerveau plutôt qu’à du suspense et des mystères.

On y raconte l’histoire d’un groupe d’adeptes de la religion des Esprits Sacrés, qui vénèrent les esprits reposant à Stonehenge. Ceux-ci aurait construit un sanctuaire sous la terre près du site historique où ils procéderaient à des sacrifices humains. Suite à la disparition mystérieuse de la fille du vice-président des États-Unis, la police se verra mêlée au dossier. Une jeune policière devra enquêter sur la disparition de la fille ainsi que sur le suicide d’un universitaire important. Les deux affaires s’avéreront être reliées. Et la policière, Megan, suivra une série d’indices la menant à découvrir l’existence de la société secrète des Esprits Sacrés.

Dans ce récit construit de façon très classique, les bons et les méchants sont clairement définis. La mécanique de l’histoire est si simple qu’il n’y a pas de surprise. Les détails historiques un peu douteux, les personnages presque caricaturés, pas de grande oeuvre littéraire ici. Mais…dans l’optique où c’est un roman qui nous fait décrocher de notre quotidien et tout de même divertissant, honnêtement, on se fout un peu qu’il n’y ait pas de grande innovation! La preuve? Ce livre est un best-seller traduit en plus de 30 langues et vendus partout dans le monde.  Un bon roman à amener en voyage, facile à lire, bon format, etc.

#41 Gabrielle

TITRE: Gabrielle

AUTEURE: Marie Laberge

Premier tome de la trilogie Le goût du bonheur de l’auteure québécoise Marie Laberge, Gabrielle raconte l’histoire d’une jeune mère de famille et de son entourage. On est plongé dans la ville de Québec dans les années 1930. Gabrielle est une mère au foyer qui s’occupe de ses 5 enfants tout en étant impliqué dans plusieurs oeuvres de charité. En effet, le Québec fait alors face à une grave crise économique. Le climat politique est également teinté par une guerre imminente en Europe.

Par contre, le coeur du récit est plutôt la vie de famille de Gabrielle. Ses 5 enfants ayant chacun leur personnalité, désirs et problèmes. Son mari, Edward, et leurs amis Paulette et Nic en plus du reste de la famille sont aussi omniprésent. Gabrielle ressent un profond désir de changer les choses, d’aider son prochain. Elle sera entraînée dans une bataille pour les droits des femmes. Pensons qu’à cette époque, les femmes n’avaient pas encore obtenu le droit de vote au Québec. Elle mettra sur pied un centre d’aide aux enfants pauvres qui, par extension, aidera aussi leurs mères.

Une famille heureuse oui, mais qui devra faire face aux multiples préjugés d’une société contrôlée par l’Église. Gabrielle a marié un anglais protestant, oh scandale! Gabrielle donne le couvert aux enfants irlandais dans son centre, oh scandale! Gabrielle utilise des moyens de contraception, oh scandale!

Tranquillement, le récit fait plus de place à la jeune Adélaïde, fille aînée de Gabrielle. Elle devra faire face à plusieurs épreuves. Le deuxième tome de la trilogie lui est d’ailleurs consacré.

Un roman qui mélange joyeusement les thèmes de la famille, l’amour, l’amitié, l’enfance, la maladie et j’en passe. Un classique québécois à lire absolument!

Papier or not papier

J’ai longtemps hésité avant de me procurer un lecteur numérique (liseuse). Je dois avouer que j’étais réfractaire à cette technologie. Pourquoi? C’est vraiment une question sentimentale. J’aime l’odeur des livres. J’aime acheter un livre usagé et voir les notes manuscrites que l’ancien propriétaire y a laissé. J’aime le sentiment de satisfaction qu’on ressent lorsqu’on termine une grosse brique (chose qu’on ne ressent pas en finissant un gros livre sur la liseuse, je sais, j’ai essayé). J’aime voir les détails dans la couverture.

 Je me suis tout de même résolue à me procurer une liseuse (merci Sarah!). Principalement pour des raisons pratiques, c’est un bon achat : moins lourd, moins gros, moins cher. Par exemple, le dernier livre de Ken Follet en anglais se vend environ 25$ (42$ pour la version française) neuf en librairie. La version électronique varie de 18$ à 35$ selon les vendeurs et la langue. De plus, des centaines de livres sont accessibles de façon totalement gratuite ou à 15$ et moins.

 Certains prétendent que le livre électronique serait aussi plus écolo, car on n’utilise pas de papier, moins de transport, moins d’eau pour la transformation, etc. Les avis sont pourtant partagés à cet effet, car entrent dans la balance les matières premières, produits chimiques et durée de vie. Si ça vous intéresse d’en apprendre plus à ce sujet, consultez le site web de ConsoGlobehttp://www.consoglobe.com/livre-papier-vs-livre-numerique-lequel-est-le-plus-ecolo-cg/3

 Puisque j’utilise principalement le transport en commun pour me déplacer, la liseuse me permet de glisser des dizaines de livres dans mon sac à main. Pas de mal de dos, promis.

 En résumé, je pense que le choix est très personnel. Moi? J’ai opté pour le meilleur des deux mondes et j’alterne entre les livres papiers et électroniques selon le moment.

Old books - I feel like they contain a trace of every soul that they've touched, and that makes them magic.

#40 En finir avec Eddy Bellegueule

TITRE: En finir avec Eddy Bellegueule

AUTEUR: Édouard Louis

Ce livre est un roman autobiographique. On y raconte l’histoire d’Eddy Bellegueule, jeune français vivant en région dans une famille pauvre. Mais surtout, Eddy est homosexuel. Il parle donc des multiples difficultés qu’un enfant/adolescent vit. Sa famille, les autres enfants, tout le village fait grande affaire de ses manières efféminées. Le jeune homme vivra plusieurs difficiles épreuves notamment en étant victime de violence physique et psychologique.

Dans  le couloir  sont  apparus  deux  garçons, le premier, grand, aux cheveux roux, et l’autre, petit,au dos voûté. Le grand aux cheveux roux a craché Prends ça dans ta gueule.

Le crachat s’est écoulé lentement sur mon visage, jaune et épais, comme ces glaires sonores qui obstruent la gorge des personnes âgées ou des gens malades, à l’odeur forte et nauséabonde. Les rires aigus, stridents, des deux garçons Regarde il en a plein la gueule ce fils de pute. Il s’écoule de mon œil jusqu’à mes lèvres, jusqu’à entrer dans ma bouche. Je n’ose pas l’essuyer. Je pourrais le faire, il suffirait d’un revers de manche. Il suffirait d’une fraction de seconde, d’un geste minuscule pour que le crachat n’entre pas en contact avec mes lèvres, mais je ne le fais pas, de peur qu’ils se sentent offensés, de peur qu’ils s’énervent encore un peu plus.

L’univers qui est décrit est empli de misère, de racisme, homophobie, d’alcoolisme et de pauvreté (intellectuelle et financière). On sent que le livre est un moyen d’exprimer sa rage pour l’auteur. Les gens, les lieux, les expériences, tout est négatif.

J’ai senti leur haleine quand ils se sont approchés de moi, cette odeur de laitages pourris,d’animal mort. Les dents, comme les miennes, n’étaient probablement jamais lavées. Les mères du village ne tenaient pas beaucoup à l’hygiène dentaire de leurs enfants. Le dentiste coûtait trop cher et le manque d’argent finissait toujours par se transformer en choix. Les mères disaient De toute façon y a plus important dans la vie.

Édouard Louis aujourd’hui âgé de 21 ans connaît une certaine popularité avec son livre, notamment dans les milieux de lutte contre l’homophobie. Malheureusement, j’ai trouvé ce livre décevant. L’histoire semble se composer simplement d’un acharnement contre le milieu d’où l’auteur vient. Les termes employés sont très péjoratifs. Bien que Louis ait vraisemblablement tenté de construire le récit de manière objective (c’est ce qu’il dit en entrevue), l’ombre de la vengeance semble planer sur l’histoire.

Tout de même, le livre apporte un point de vue très personnel intéressant sur le sujet de l’homosexualité.

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