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Au bout du quai

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C’est avec beaucoup d’humilité que je publie un texte que j’ai écrit durant mon adolescence. Je l’ai retrouvé dans mes papiers dernièrement et j’ose le partager avec vous. Je l’ai très légèrement modifié, mais l’essence reste la même.

Au bout du quai

Assis au bout du quai, c’est les pieds dans l’eau que nous avons réinventé le monde. L’imagination, ébranlée par l’eau fraîche, virevoltait autour de nous comme un papillon devenu fou. Il était aussi facile de se glisser dans le lac que vers un monde où n’existait que le bonheur d’être ensemble, jeunes, libres… « Et si nous partions à l’aventure ?», disait l’un. Il ne nous fallait rien de plus pour grimper à bord de notre minuscule embarcation. Le pauvre bateau disparaissait sous le poids de nos corps, on aurait dit que nous flottions sur l’eau sans aucune aide. Il est facile d’oublier le temps lorsque l’on dérive sans but. La journée se perdait dans le dédale des baies et rivières et l’existence d’une autre vie devenait irréelle.

Le soleil se montrait parfois coquin et nous en rougissions de plaisir. La chaleur, devenue insupportable, nous forçait  à sauter à l’eau. Nous ne connaissions pas la peur. La profondeur du lac devenait une cible à atteindre. Les poissons, de drôles d’amis gluants. Un bateau à moteur passant trop près devenait vite victime de nos cris, non pas pour qu’il fasse attention, mais plutôt pour qu’il passe plus vite et plus près. Ces bateaux créaient des vagues que nous pensions immenses. Encore notre amie l’imagination qui nous jouait des tours…

Parfois, notre valeureux navire se laissait prendre au jeu et nous amenait près d’une île. Nos mains se transformaient alors en puissantes rames et nous accostions tels de grands explorateurs. Pieds nus, nous parcourions l’île à la recherche d’animaux, pauvres écureuils prisonniers de l’île jusqu’au retour de l’hiver. Certaines îles étaient plus intéressantes que les autres : l’une d’elles avait été habitée par un savant fou, disait-on, qui lors de l’une de ses expériences, avait fait explosé une partie de la forêt, ce qui expliquait qu’on trouve un endroit complètement dégagé au milieu des arbres. L’histoire ne révèle pas ses sources, mais nous ne doutions pas de la véracité des dires. L’île voisine avait autrefois abrité un camp de vacances. Les vestiges de ce dernier constituaient un monde infini d’aventures et de secrets. Une petite cabane dortoir devenait un fort et la salle à manger surplombant le lac était la plus belle terrasse des environs.

Très vite, trop vite, notre vieil ami le Soleil se fatiguait et repartait tranquillement se coucher. L’urgence de rentrer avant la nuit nous ramenait à la réalité et nous imposait un rythme de navigation beaucoup plus rapide. À contrecœur, nous nous séparions de nos amis, mais avec dans le cœur et dans la tête l’espoir d’une autre journée au paradis.

Ce texte est inspiré du lac Saint-Joseph à Saint-Adolphe d’Howard. Les magnifiques paysages de cette municipalité de la région des Laurentides sont aujourd’hui menacés par un projet monstre d’Hydro-Québec. Les citoyens se battent bravement pour contrer la société d’État. Je vous invite à consulter la page web du mouvement citoyen et la page Facebook pour plus d’informations:

http://www.projethydro.com

 https://www.facebook.com/pages/Contre-le-projet-dHydro-a-Saint-Adolphe-dHoward-et-dans-les-Laurentides/509965779062072 

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  1. Très beau texte ! Tu ne devrais pas seulement lire…. mais continuer à écrire… 🙂

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